
À quel moment et de quelle façon avez-vous reçu un diagnostic de cancer de l’ovaire?
J’ai reçu un diagnostic de cancer de l’ovaire en janvier 2005; j’avais 45 ans. L’été précédent, j’avais éprouvé des problèmes avec mon cycle menstruel et je ne me sentais pas très bien. On m’a envoyée passer une échographie pelvienne et j’ai fini par subir une échographie transvaginale qui a révélé la présence d’un kyste simple, mais relativement gros, ce qui ne les a pas tellement inquiétés. Le 21 décembre, j’ai commencé à avoir des douleurs et ma fille m’a conseillé de me présenter à l’urgence parce qu’elle pensait que j’avais sans doute des pierres à la vésicule biliaire ou une crise d’appendicite.
Combien de temps s’est écoulé entre vos premières inquiétudes, vos examens et votre diagnostic?
Six mois – les examens ont débuté en juillet 2004 et j’ai reçu le diagnostic en janvier 2005. Au départ, ils croyaient que j’avais un cancer de l’ovaire évolué, mais en fait le cancer était plutôt au stade IIa.
Quelle a été votre réaction initiale au diagnostic?
Quand vous entendez le mot cancer, tout le reste vous passe par-dessus la tête. Je n’ai rien entendu d’autre.
Connaissiez-vous le cancer de l’ovaire?
Je n’en avais jamais entendu parler. Je croyais que lorsque vous passiez un test Pap, cela couvrait toutes les maladies du système reproducteur. J’avais toujours subi régulièrement mes tests Pap.
Durant vos traitements contre le cancer de l’ovaire, qu’est-ce qui vous a le plus aidée?
L’appui que j’ai reçu de tous, aussi bien ma famille que le groupe de soutien pour le cancer de l’ovaire. J’ai également fait des recherches en ligne pour trouver le plus de renseignements possible au sujet du cancer de l’ovaire.
Pouvez-vous parler un peu de votre implication auprès de Cancer de l’ovaire Canada?
Lorsque je suis devenue membre de Cancer de l’ovaire Canada, j’ai envoyé un courriel pour dire que je venais de recevoir un diagnostic de cancer de l’ovaire et que je désirais de plus amples renseignements. Je désirais également savoir comment devenir bénévole. On a alors communiqué avec moi et on m’a demandé si je désirais discuter de la mise sur pied d’un groupe de soutien à Vancouver. Je ne me souviens pas combien de personnes étaient présentes à cette première rencontre, mais dès que vous vous assoyez avec d’autres femmes atteintes du cancer de l’ovaire et que vous commencez à discuter avec elles, vous ne ressentez plus cette horrible boule au creux de l’estomac. Vous avez l’impression que vous avez enfin trouvé quelqu’un à qui parler et que toutes ces femmes vivant la même chose que vous peuvent vous comprendre.
Y a-t-il quelque chose auquel vous auriez aimé avoir accès, mais qui n’était pas disponible?
J’aurais aimé connaître cette maladie avant de l’avoir. Je n’avais jamais vu de brochure sur le cancer de l’ovaire au bureau de mon médecin. Je me suis dit que je devais en parler. Je faisais partie des quelques privilégiées chez qui le cancer de l’ovaire avait été diagnostiqué à un stade précoce. La plupart des femmes du groupe de soutien avaient reçu un diagnostic plus tardif, ce qui est beaucoup plus fréquent.
La plupart des gens à qui j’ai parlé n’avaient jamais entendu parler du cancer de l’ovaire. Je me suis demandé pourquoi. Ça n’a pas de sens, vous pouvez faire tellement de choses, mais le bénévolat est une façon d’informer la population des symptômes. C’est pourquoi je suis devenue présentatrice du programme Comment relever le défi d’une maladie sournoise, afin de faire connaître cette maladie aux femmes bien portantes. Et c’est pourquoi je suis également devenue coordonnatrice du programme Les survivantes, source d’apprentissage pour les étudiants en Colombie-Britannique avec Diane MacCormack, afin que les futurs professionnels de la santé connaissent le cancer de l’ovaire, ses signes et ses symptômes.
Depuis que vous êtes présentatrice du programme Les survivantes, source d’apprentissage pour les étudiants, quel impact croyez-vous que ce programme peut avoir?
L’objectif est de faire connaître la maladie à la prochaine génération de professionnels de la santé. J’ai pu constater l’impact que cela peut avoir auprès des étudiants en sciences infirmières. Nous travaillons maintenant à offrir ce programme aux étudiants en médecine et aux autres étudiants en sciences de la santé de Colombie-Britannique. Ce programme a une valeur incroyable. Je suis étonnée de voir combien d’étudiants disent que leurs mères ou leurs grands-mères ont éprouvé de tels symptômes, les ont négligés et ont par la suite reçu un diagnostic de cancer de l’ovaire.
Il est essentiel que cette maladie soit diagnostiquée tôt – pourquoi n’est-ce pas le cas? Lorsqu’une femme se présente au bureau de son médecin et qu’elle lui dit qu’elle se sent ballonnée ou qu’elle éprouve d’autres symptômes qui pourraient être ceux du cancer de l’ovaire, pourquoi ne lui fait-il pas passer une échographie transvaginale, un examen pelvien et une analyse sanguine CA-125? Il s’agit là des seuls outils dont nous disposions pour l’instant. De plus, de nombreux étudiants veulent apprendre à parler à leurs patientes et à communiquer avec elles de façon plus personnelle. Elles ne sont pas des numéros, mais des personnes et ils désirent savoir comment les traiter.
Que vous apporte le bénévolat?
Nous sommes peu nombreuses à être suffisamment en santé pour faire ce genre de travail. Les femmes qui participent comme bénévoles désirent transmettre leur message à tout prix. Vous rencontrez des gens comme ça, des femmes remarquables que vous n’auriez jamais rencontrées dans d’autres circonstances, des femmes avec qui vous pouvez établir des relations solides… c’est cela que m’apporte le bénévolat.
Légende : Cheryl Stirling avec son mari Mike et leur fils Adam.