Nous sommes heureux d’annoncer les récipiendaires des bourses d’études Cœur turquoise 2011 de Cancer de l’ovaire Canada. Cancer de l’ovaire Canada, en collaboration avec Darrin Bast, a créé les bourses Cœur turquoise pour encourager les étudiants de deuxième cycle qui effectuent de la recherche sur le cancer de l’ovaire. Chaque bourse a une valeur de 3000 $. Le concours a attiré 24 candidats de l’ensemble du pays.
Félicitations aux récipiendaires!
Mamadou Keita, Université Laval
Les métastases du cancer des cellules épithéliales de l’ovaire se propagent en général sur les surfaces péritonéales, l’épiploon et sur la surface du foie et des intestins. La majorité des patientes, même si elles réagissent bien au départ, finissent pas développer des métastases résistantes aux médicaments et en meurent. On a observé récemment des perturbations épigénétiques, y compris des méthylations aberrantes de l’ADN, qui sont considérées comme caractéristiques du cancer, y compris des tumeurs épithéliales. Deux gènes de la famille RUNX, RUNX1 et RUNX2, ont démontré une hypométhylation et une surexpression importantes dans les cultures de cellules primaires de tumeurs épithéliales effectuées à la suite de la chimiothérapie. Nous souhaitons maintenant confirmer l’hypométhylation et la surexpression des gènes RUNX1 et RUNX 2 dans les échantillons de tumeurs épithéliales et vérifier si cet état est associé à la progression de la maladie et à la réaction au traitement. Nous désirons également examiner leur implication fonctionnelle dans les tumeurs épithéliales.
Mauricio Medrano, Université de Toronto
Le développement de médicaments ciblés pour le cancer a été favorisé principalement par l’identification de mutations génétiques ou de changements chromosomiques dans les cellules cancéreuses responsables de la propagation des tumeurs, puis par le ciblage de ces mutations. Cette approche s’est avérée difficile dans certains cas, comme celui des tumeurs séreuses du cancer de l’ovaire, la forme la plus agressive et la plus répandue du cancer de l’ovaire. Ces tumeurs comportent en général un grand nombre d’anomalies génomiques, ce qui rend difficile le choix de facteurs génétiques à cibler pour mettre au point de nouveaux traitements. Cette étude se base sur une technologie de dépistage des interférences de l’ARN pour déterminer quels gènes de l’ensemble du génome sont nécessaires à la croissance et à la survie des cellules de tumeurs séreuses du cancer de l’ovaire. Le deuxième objectif est de comprendre l’action de ces gènes dans le cadre des mutations et des altérations chromosomiques que l’on retrouve dans chacune de ces cellules.
Samah Rafehi, Université Western Ontario
Le cancer de l’ovaire est le plus mortel de tous les cancers gynécologiques. Cette maladie est particulièrement dévastatrice parce qu’elle peut se propager ou se « métastaser » sans que cela soit apparent. Plus de 80 % des femmes reçoivent ainsi un diagnostic de cancer de l’ovaire après que celui-ci se soit propagé. La métastase du cancer de l’ovaire est unique par rapport aux autres cancers. En effet, les cellules quittent la tumeur originale pour se regrouper en structures sphériques qui flottent dans l’abdomen. Ces petites tumeurs sphériques se fixent à d’autres endroits de l’abdomen pour poursuivre leur développement et deviennent résistantes à la chimiothérapie. Ma recherche vise à étudier les molécules particulières présentes dans la tumeur et son environnement immédiat qui contribuent à la formation des tumeurs sphériques, et surtout la façon dont les cellules qu’elles contiennent modifient leur comportement pour se métastaser et survivre. Nous croyons que si nous pouvons inhiber ces modifications critiques au moment de la métastase du cancer de l’ovaire, cela permettrait de mettre au point des stratégies plus efficaces pour traiter les femmes atteintes du cancer de l’ovaire à un stade avancé.
Kerri Nicole Smith, Université Memorial de Terre-Neuve
Ma recherche porte sur la susceptibilité génétique aux tumeurs spontanées de la granulosa des ovaires chez les souris femelles de lignée consanguine en tant que système génétique modèle pour étudier le développement de tumeurs pédiatriques de l’ovaire, qui apparaissent peu fréquemment chez les bébés et les jeunes filles. La région génétique faisant l’objet de cette étude est située sur le chromosome 4 de la souris, dont le rôle essentiel dans la susceptibilité au cancer de l’ovaire a été démontré. Des recherches précédentes ont révélé que cette région réagissait au précurseur de stéroïde déhydroépiandrostérone (DHEA). Ainsi, le traitement à base de DHEA augmente la fréquence d’apparition de tumeurs ovariennes. Le modèle des souris indique que la DHEA peut cibler un gène particulier qui se retrouve dans l’ovaire des mammifères et que dans un contexte génétique favorable, ce gène permet l’apparition d’une tumeur ovarienne dans les cellules du follicule ovarien. L’identification du gène responsable de la susceptibilité aux tumeurs chez les souris permettra de déterminer des gènes pouvant faire l’objet d’études plus poussées chez les humains dans des cas de tumeurs pédiatriques de la granulosa des ovaires.