Les rapports suivants relatent les expériences des récipiendaires de la bourse Galloway pour les stagiaires, les docteurs Jeanelle Sabourin et Dan Kiely. Ces deux résidents en obstétrique et gynécologie d’universités de l’Alberta ont reçu des bourses de Cancer de l’ovaire Canada et de la Société de gynéco-oncologie du Canada (GOC) pour effectuer un stage dans la sous-spécialité de la gynécologie oncologique. Pour de plus amples renseignements sur les bourses Galloway pour les stagiaires, cliquez ici.
MES STAGES EN GYNÉCOLOGIE ONCOLOGIQUE À TORONTO ET À VANCOUVER
Par Jeanelle Sabourin, Université de l’Alberta

Lors de ma deuxième année d’études de médecine, j’avais prévu un stage en obstétrique et je me préparais à effectuer des accouchements. J’ai finalement été affectée en gynécologie oncologique. Comme premier contact clinique avec le monde de l’obstétrique et de la gynécologie, j’ai assisté à une intervention de réduction d’une tumeur ovarienne le premier jour d’un stage remarquable. Les interventions chirurgicales étaient très complexes et la variété entre les interventions cliniques, la consultation, la chimiothérapie, la colposcopie et les opérations était stimulante. J’ai apprécié les interactions délicates avec les patientes en ces moments difficiles de leur vie.
J’ai commencé ma résidence en obstétrique et gynécologie il y a quatre ans et j’ai souvent envisagé depuis une carrière en gynécologie oncologique. Plus tôt cette année, mon stage en oncologie a renforcé cet intérêt, aussi bien au point de vue pratique qu’académique.
Grâce à une bourse de la Société de gynéco-oncologie du Canada et de Cancer de l’ovaire Canada, j’ai pu effectuer des stages à Toronto et à Vancouver. J’ai également eu l’occasion de travailler à Calgary. Ces expériences importantes m’ont permis de découvrir trois programmes de bourses, d’avoir un avant-goût de la gynécologie oncologique dans diverses régions du pays et de rencontrer des patientes, des chercheurs et des oncologues inspirants. Je suis plus que jamais convaincue que la complexité des problèmes et l’évolution des connaissances et des découvertes dans ce domaine me réservent une carrière diversifiée et stimulante, satisfaisante aussi bien au point de vue professionnel que personnel.
J’en suis actuellement à ma 5e année de résidence à l’Université de l’Alberta. J’ai hâte de suivre ma formation de sous-spécialité en gynécologie oncologique et je compte bien m’investir auprès de la Société de gynéco-oncologie du Canada au cours des prochaines années.
Merci encore pour cette occasion inestimable!
STAGE EN GYNÉCOLOGIE ONCOLOGIQUE À TORONTO
Par Dan Kiely, Université de Calgary

Au cours du mois de septembre 2010, j’ai effectué un stage en gynécologie oncologique à l’Université de Toronto. J’ai passé deux semaines à l’hôpital Sunnybrook et deux semaines à l’Hôpital Princess Margaret/Hôpital général de Toronto. La température commençait à changer, c’était le début de l’automne. Pendant mes trajets en autobus, je lisais le manuel Clinical Gynecologic Oncology de DiSaia et Creasman. Je rentrais tard à la maison et je faisais de la course à pied sur les quais près de l’appartement que je sous-louais dans un sous-sol de Roncesvalles.
En courant, je réfléchissais à beaucoup de choses : les interventions chirurgicales brillantes, les patientes, les réunions de famille. On n’oublie jamais les patientes… en particulier les jeunes patientes… Après quelques minutes de course, je pensais à des techniques chirurgicales que j’avais observées, je me demandais si je pourrais les maîtriser, je pensais à ce que je devais faire pour m’améliorer, puis je me souvenais d’une patiente particulière rencontrée pendant ma ronde... Je pensais à ce que je lui avais dit, à ce que j’aurais dû lui dire, à ce que j’aurais pu lui dire, et je me disais que tout ça est injuste.
Je faisais un saut de côté pour éviter un raton-laveur qui traversait le sentier. Puis je me rappelais une autre patiente qui avait été gentille avec moi. Peut-être que je lui faisais penser à quelqu’un qu’elle connaissait, elle est Écossaise comme ma mère. Les médecins traitants et les autres boursiers sont bons pour moi… Ils me donnent ma chance en salle d’opération… J’essaie de tout assimiler le plus rapidement possible. Le soleil est déjà couché, il y a encore des oiseaux dans le ciel, je dois me lever tôt demain.
Puis il y a les moments de rire toujours appréciés dans le service (et ils sont plus fréquents que vous pourriez le penser) pour compenser l’intensité du travail. Les heures de travail sont longues. Parfois vous restez sur appel à la maison pour ne pas être trop loin de l’action si quelque chose se produit. Il y a beaucoup d’interventions chirurgicales fascinantes : des ganglions sentinelles dans un cas de cancer de l’ovaire, des trachélectomies, des interventions robotisées, d’importantes réductions tumorales. Il y a aussi des patientes qui vivent des crises à divers niveaux : médical, spirituel, chirurgical, familial.
Dans la clinique des nouveaux patients, je m’arrête parfois pour réfléchir : tout le monde a besoin d’une intervention chirurgicale. C’est toujours agréable de travailler avec les boursiers et les résidents, ils font souvent des blagues et ils m’aident. Les médecins traitants sont extrêmement talentueux, les pathologies sont complexes, le défi ne s’arrête jamais. Nous essayons toujours de gagner, mais parfois même toutes les ressources de la médecine moderne et de la chirurgie ne suffisent pas. Dans ces moments-là, tout ce que nous pouvons offrir, c’est notre présence.